Montauban : Romain a fait la course de Noël en joëlette
Le parcours personnel d'un coureur qui a découvert dans la joëlette un second souffle sportif et communautaire.
Romain a vécu une existence équilibrée jusqu'au jour où un accident a chamboulé son quotidien. Actif et sportif, il se trouvait soudain limité dans ses mobilités usuelles. La course à pied, passion qui structurait ses semaines, lui paraissait désormais hors de portée. Les premiers mois furent marqués par la frustration et une certaine résignation. Puis, lors d'une rencontre fortuite, il a découvert l'existence de la joëlette et des associations qui en promulguaient la pratique.
Montauban, sa ville, organise chaque année une course de Noël festive qui rassemble familles, joggeurs du dimanche et athlètes amateurs. Romain a osé s'y inscrire. L'idée de participer en joëlette l'intimidait d'abord, par crainte du regard d'autrui ou de ne pas « faire comme les autres ». Mais ses craintes se sont dissipées dès qu'il a commencé à courir. Le sentiment de vitesse, l'adrénaline, la sensation de participer à un événement collectif : tout cela remontait à la surface.
Ses porteurs, issus de l'association locale, couraient avec une détermination sincère. Romain sentait chacun de leurs pas, chacun de leurs encouragements. Ce qui aurait pu être une expérience solitaire s'est transformé en aventure partagée. Les spectateurs le long du parcours, loin de le plaindre ou de le traiter différemment, l'applaudissaient avec autant de chaleur que n'importe quel coureur. Son maillard de Noël le rendait même visible, applaudi spécifiquement.
Cette course de Noël en joëlette a marqué un tournant dans la trajectoire de Romain. Elle lui a rappelé que le handicap n'annule pas le sportif en lui ; il le transforme simplement, le reconstitue sous une forme nouvelle. Depuis, Romain s'entraîne régulièrement, participe à d'autres épreuves avec ses porteurs et a même recruté de nouveaux bénévoles fascinés par son engagement. Pour lui, et pour beaucoup dans cette quête, la joëlette n'est pas un consolateur ; c'est un libérateur.